La journée internationale tolérance zéro aux MGFs
Les mutilations génitales féminines sont une des pratiques les plus pratiquées et ont de tout temps fait partie des us et coutumes de notre pays. C’est des pratiques certes néfastes mais très encrées dans notre société du fait de l’ignorance de sa provenance initiale et des vraies raisons de sa pratique. Longtemps conservée et transmises de génération en génération, ces pratiques ont fait beaucoup de dégages physique et psychologique au sein de la gente féminine.
Le gouvernement a donc engagé un combat de longue haleine afin que cette pratique prenne fin et de manière définitive.
Un dessein encore irréaliste, il y a quelque décennie est en passe de devenir une réalité à portée de main. D’après la restitution d’une enquête de prévalence menée par l’Institut Nationale de Statistique et qui a été présentée dans le cadre de la célébration de la journée Internationale Zéro Tolérance à l’égard des MGF qui s’est tenue le jeudi 6 février au palais du peuple. Portant pour thème « Investir dans les jeunes ; une décennie pour accélérer les efforts contre les MGFs d’ici 2030 ».
Organisé, par le ministère de la Femme, en collaboration avec le ministère de la Santé et le ministère des biens wafqs, avec l’appui du FNUAP, la célébration de la journée Internationale zéro Tolérance à l’égard des MGF avait un caractère particulier dans la mesure où d’une part celle-ci permettait de faire un regard rétrospectif sur le chemin parcouru, tout en jetant le jalon pour la concrétisation d’un but tant souhaité qui est Zéro MGF d’ici 2030. Une ambition réalisable à condition que les jeunes, c’est-à-dire les adultes de demain prennent le flambeau pour mener à bien cette ultime étape pour l’éradication totale de la question de la Mutilation Génitale et toute autre pratique Traditionnelle Néfaste.
C’est en tout cas, l’objectif affiché, le 6 février, lors de la célébration de la journée Internationale Zéro MGF à l’égard des MGFs. Un événement qui s’est déroulé en présence de la Ministre de la Femme Mme Moumina Houmed, du ministre de la Défense M. Hassan Omar, la vice- présidente Mme Hasna Houmed, la Maire de la ville de Djibouti Mme Fatouma Awaleh Osman, les Représentants du Système des Nations Unis, des parlementaires, ainsi que les hauts oulémas et un parterre des femmes. La présentation de l’enquête de prévalence menée par l’Institut Nationale des Statistiques de Djibouti.
Selon cette enquête, présentée par Omar Ali, chercheur à L’INSD, celle-ci met en lumière l’évolution de la prévalence des MGFs pour les 0-10 ans de 1994-2019. Les nouvelles générations subissent de moins en moins les MGFs. La pratique des MGFs évolue avec moins d’adolescentes ayant subi les MGFs par rapport aux générations plus âgées. Une comparaison des cohortes 0- 10 ans depuis 1994 à 2019 a montré une baisse importante de la prévalence passant de 94,3% à 21,2%. Quel que soit le milieu de résidence la prévalence des MGFs diminue fortement. Cette baisse de la prévalence est plus accentuée dans le milieu urbain ou la prévalence passe de 93,6% à 13,2%. Compte tenu de cette évolution il est fort probable que la pratique des MGFs soit abandonner d’ici 2030.